Samedi 27 octobre 2007
dogan-conference1971-copie-1.jpg"La gauche peut-elle encore changer la société ?" Pour son cinquantième numéro, la revue bimestriel "Politique" a posé cette question à plus d'une soixantaine de personnes. Voici la réponse de Dogan Özgüden, président de la Fondation Info-Türk, parue dans le numéro de juin 2007 de la revue:


Dogan Özgüden
(Principale figure de l'immigration turque progressiste en Belgique, Dogan Özgüden (1936) fut rédacteur en chef du grand quotidien de gauche Aksam (1964-66). Il a quitté la Turquie avec son épouse Inci Tugsavul après le coup d'Etat militaire de 1971. Ensemble, depuis 1974, ils dirigent à Bruxelles l'agence de presse Info-Türk et le centre interculturel Ateliers du Soleil.)

Engagé dans le mouvement de gauche depuis plus d'un demi-siècle dans une société lointaine et vivant les marées hautes et basses de la gauche en Belgique depuis 35 ans, je garde toujours la même conviction: oui, la gauche peut encore changer la société.

Toutefois,  je préfère poser la question aussi inversément: "La société peut-elle changer la gauche?" Sans entamer une argumentation théorique sur ce rapport dialectique, je dis encore "oui".

Mondialement, vues les injustices profondes et honteuses sur les plans économique, social et régional, et la destruction écologique de notre planète bleue pour l'intérêt d'une poignée de multinationales et des forces militaires, la gauche reste toujours la seule force capable d'arrêter le cataclysme. Toutefois, la mutation sociétale et les réalités actuelles du monde nous conduisent à une nouvelle vision de gauche, loin, très loin des modèles de l'International socialiste actuel et du Komintern du passé.

La nouvelle gauche universelle qui réunit toutes les couches populaires, tous les peuples opprimés et toutes les forces vives du monde dans un esprit de solidarité et de respect mutuel pourra encore changer le destin de l'humanité et de la terre. Le mouvement altermondialiste peut être le précurseur de cette nouvelle gauche tant qu'il ne tombe pas sous l'emprise d'une super-puissance quelconque. La montée de la gauche avec toute sa diversité en Amérique latine, cet ancien domaine de chasse des USA, est extrêmement prometteuse.

Quant à la Belgique, un des pays les plus riches du monde où la gauche est fort dominée et manipulée par des "socialistes gestionnaires", je ne peux parler avec le même espoir et enthousiasme.

Quand POLITIQUE m'a demandé de répondre à sa question, j'étais fort occupé à l'organisation d'une conférence-débat à Bruxelles  sur le thème "Militarisme et Liberté d'expression en Turquie", avec la participation de deux intellectuels de gauche de Turquie, qui défendent courageusement la liberté d'expression contre l'intolérance militariste et islamiste malgré la menace d'emprisonnement et même de meurtre qui pèse sur eux.

SUJETS TABOUS

L'annonce de cette conférence a été retransmise par Pierre-Yves Lambert(1)  à son public avec une note de rédaction: "Une conférence-débat qu'aucun parti, sauf Ecolo et Groen!, n'oserait organiser pendant une campagne électorale... Et à laquelle, avec les mêmes exceptions, on ne verra aucun candidat!" (suffrage-universel/message/3539).

Observateur et commentateur attentif des mutations dans la vie socio-politique belge, Pierre-Yves avait tout à fait raison… Bien que la salle était pleine d'un public pluriculturel pour écouter ces deux intellectuels, il n'y avait aucun dirigeant ou candidat de partis politiques se réclamant de gauche.

Avant cette conférence, quatre organisations(2) issues de l'émigration politique en provenance de Turquie avaient organisé depuis trois ans une série d'actions sur les thèmes brûlants qui concernent directement les causes du départ massif  des Kurdes, Arméniens, Assyriens ou des opposants du régime d'Ankara, l'ingérence permanente de l'Ambassade de Turquie dans la vie sociopolitique de Belgique et les violations permanentes des droits de l'Homme de ce pays candidat à l'Union européenne. Toujours aucune présence ni un message de solidarité de la part des "éminences de gauche", sauf quelques personnalités engagées réagissant à titre personnel.

Cette absence ne s'explique pas par un manque de temps de nos femmes ou hommes politiques de "gauche". Vivant et travaillant 24 heures sur 24 dans un espace urbain, appelé déjà "Turkish Town" par le lobby et les médias turcs, nous savons très bien que les ministres, les bourgmestres, les échevins, les élus ou les candidats de ces partis politiques ont tout leur temps pour faire des éloges du nationalisme turc et plus particulièrement du régime d'Ankara en se rendant souvent dans des associations ultranationalistes et intégristes turques, ou dans des restaurants et tavernes de la Chaussée de Haecht, pour une ambiance plus "conviviale".

Même une vérité historique, le génocide des Arméniens et Assyro-chaldéens perpétré en 1915,  reconnue depuis des décennies par la gauche européenne, est maintenant devenue un tabou pour la gauche parlementaire belge. Au contraire, les négationnistes notoires de ce génocide, soutenus par le monde des affaires turc, sont soigneusement sélectionnés comme candidats pour attirer le vote des électeurs d'origine turque, conditionnés et manipulés par les missions de l'ambassade de Turquie et les médias turcs.

Quand les locaux kurdes ou assyriens sont incendiés par les Loups Gris criminels, les mêmes éminences préfèrent se taire pour ne pas irriter leurs fournisseurs de "votes communautaires".

Même silence quand un jeune Belge issu d'une famille en provenance de Turquie, Bahar Kimyongür, tombe victime de la terreur de l'Etat turc en raison de sa prise de position contestataire vis-à-vis du régime répressif d'Ankara. Qui plus est, la ministre de la Justice, afin d'assurer le soutien du lobby turc pour son accession au poste de bourgmestre de Schaerbeek, n'hésite pas à couvrir un complot des responsables judiciaires et policiers en vue de l'extradition de ce citoyen belge vers la Turquie.

Je me souviens des années 1970… Une chose pareille était impossible et même inimaginable. Flirter avec les représentants ou partisans des régimes de Madrid, Lisbonne, Athènes ou de Santiago du Chili, il n'était pas seulement honteux pour quelqu'un se réclamant "de gauche", mais c'était également une raison suffisante de se voir éloigner définitivement de la vie politique.

L'EXEMPLE VIENDRA D'AILLEURS

En bref, en quelques décennies, la mutation de la société belge, et notamment le changement de l'électorat dans les grands centres urbains comme Bruxelles, Liège, Anvers, Gant, Namur, a amené les partis de gauche, à l'instar des partis libéraux ou chrétiens, à négliger et même à nier les valeurs démocratiques et laïques développées depuis des décennies grâce aux luttes de la classe ouvrière belge.

Pour notre génération qui a lutté depuis des années 1970 pour l'intégration des citoyens d'origine étrangère à la vie socio-politique belge par le biais de la reconnaissance des droits politiques, c'est une grande déception de voir le résultat pervers: au lieu d'adapter les citoyens d'origine étrangère aux normes démocratiques européennes, nos éminences de gauche s'adaptent elles-mêmes aux normes de leurs pays d'origine.

Le premier constat: La mutation démographique de la société et la dépendance économique accrue des multinationales changent effectivement la gauche parlementaire au détriment des valeurs nobles de la gauche comme la solidarité avec les opprimés, la distance avec les forces réactionnaires, la défense de la laïcité et l'opposition à toutes les tentatives belliqueuses des super-puissances.

Le deuxième constat: Avec une telle décadence, la gauche parlementaire belge ne pourra jamais changer la société. Pire, tout en s'éloignant des valeurs de la gauche, elle exerce sans cesse une pression sur les autres forces démocratiques, par exemple l'Ecolo, et les ONG, pour qu'elles s'allient à sa transformation rétrograde.

Malgré ces constats, je crois que le changement de la gauche dans le monde aura tôt ou tard un impact non seulement sur la gauche belge mais également sur la gauche européenne. (http://www.politique.eu.org)

1 Chercheur indépendant soécialiste des communautés d'origine étrangèree en Belgique et ailleurs. Voir son site www.suffrage-universel.be
2 l'Association des Arméniens Démocrates de Belgique, les Associations Assyriennes de Belgique, l'Institut Kurde de Bruxelles et la Fondation Info-Türk.



Article provenant du site  http://www.info-turk.be
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Mardi 23 octobre 2007


Actions terroristes et criminelles des Loups Gris en Belgique

Appel urgent aux dirigeants politiques belges


Malgré nos multiples avertissements, des ultranationalistes turcs en Belgique poursuivent leurs actions terroristes et criminelles en jouissant d'une totale impunité. Dimanche 21 octobre en fin de soirée, après une manifestation non-autorisée devant l'ambassade des Etats-Unis à Bruxelles, les Loups Gris ont tabassé le journaliste indépendant belge d'origine turque Mehmet Koksal alors qu’il filmait l'évènement.

Le cortège a poursuivi sa route en hurlant des slogans nationalistes et en portant le drapeau turc et celui des Loups Gris (trois croissants) à travers les quartiers turcs. A leur arrivée dans les quartiers multi-culturels de Saint-Josse, ils ont d'abord attaqué un disquaire kurde situé rue de Liedekerke, puis ils ont complètement saccagé un café de la chaussée de Louvain, tenu par un Arménien.

Depuis la reconnaissance du génocide arménien par la Commission des Affaires Etrangères du Congrès américain et l'intensification des combats entre l'armée turque et la guérilla kurde dans le sud-est de la Turquie, les jeunes Turcs de Bruxelles sont systématiquement provoqués par les sites turcophones soutenus par l'Ambassadeur de Turquie. Dimanche, des messages agitateurs ont été diffusés par SMS dans la communauté turque.

Ce qui est scandaleux de la part des autorités belges, c’est que malgré ces provocations évidentes, elles n'ont pris aucune mesure sérieuse pour empêcher des agressions éventuelles. Or, dans le passé, les forces de sécurité étaient fort mobilisées en cas d'une manifestation devant l'Ambassade des Etats-Unis. Pour cette manifestation sauvage, on n'a chargé que quelques policiers, bien trop peu nombreux pour empêcher ces débordements et cette agressivité.

Le fait que ces provocations s'effectuent en langue turque ne constitue pas une excuse de ne pas pouvoir estimer l'ampleur de cette mobilisation car il y a beaucoup de personnes d'origine turque se trouvant dans la police, dans les collèges et conseils communaux voire même dans les assemblées régionales et fédérales. Ces personnes ont des relations privilégiées avec l'Ambassade de Turquie ainsi qu’avec les médias turcs. Donc, elles sont parfaitement au courant de ces provocations.

Qui plus est, il ne s'agit pas de la première agression ultranationaliste turque commise à Bruxelles. Dans le passé, les communautés non-turques en provenance de Turquie ont été plusieurs fois la cible des Loups Gris.

Au début 1994, cent cinquante Kurdes participant à une marche pacifique ont été agressés par plusieurs centaines de Loups Gris quand ils sont arrivé à Saint-Josse.

Cinq ans plus tard, le 17 novembre 1998, l'Institut Kurde de Bruxelles, le Centre Culturel Kurde et un local assyrien ont été attaqués et incendiés par les Loups Gris devant la police.

Le 10 décembre 2005, un engin incendiaire a été lancé dans les locaux du bureau du parti pro-kurde DEP, détruisant la porte d’entrée.

Le 2 décembre 2006, des centaines de Loups Gris s'étaient rassemblés place Saint-Josse pour attaquer les locaux kurdes après la distribution d'un appel contre la présence d'une association kurde située à Saint-Josse-ten-Noode, mais grâce aux mesures préventives prises par la police, cette tentative a échoué.

Toutefois, dans la nuit du dimanche 1er avril 2007, les locaux de la même association ont été ravagés par un incendie criminel. A l'étage, les habitants ont été exposés au risque de brûler vifs.

Alors que les associations démocratiques, oeuvrant pour une cohabitation harmonieuse parmi les communautés en provenance de Turquie, l'ambassadeur turc à Bruxelles, en réagissant comme un gouverneur colonial, continue de menacer la paix communautaire dans les communes de Saint-Josse et Schaerbeek.

Dans une interview qu'il a accordée au quotidien turc Hürriyet du 21 avril 2007, l'ambassadeur prend même comme cible le bourgmestre de Saint-Josse, Jean Demannez, en ces termes: "Hé toi! Qui es-tu? Qui t'a donné cette mission? Comment se fait-il que tu puisses qualifier mes compatriotes comme Turcs, Kurdes, Arméniens, Assyriens? Personne ne peut soumettre mes compatriotes à une telle division ethnique. Nous ne permettons jamais de diviser ainsi nos compatriotes!"

Les communautés kurde, arménienne et assyrienne vivent actuellement dans un trou noir créé en Belgique par le régime répressif d'Ankara en raison du laxisme de certains hommes politiques belges; un trou noir qui peut générer, à n'importe quel moment, une nuit de crystal, et même une purification ethnique dans la Commune de Saint-Josse.

Ayant réagi dans le passé contre toutes les agressions précitées, nos organisations issues de l'émigration politique en provenance de Turquie:

    * appellent tous les responsables politiques à assurer la protection des communautés non-turques et des opposants du régime d'Ankara contre les agressions criminelles des Loups Gris, protégés par l'Ambassade de Turquie, par les élus belges d'origine turque et malheureusement par certains leaders de partis politiques en quête des votes des électeurs nationalistes turcs.
    * demandent l’ouverture immédiate d’une enquête afin d’identifier et punir les agresseurs et surtout les instigateurs de cette terreur politique.


L'Association des Arméniens Démocrates de Belgique
Les Associations des Assyriens de Belgique
L'Institut Kurde de Bruxelles
(http://www.kurdishinstitute.be)
La Fondation Info-Türk
(http://www.info-turk.be)

Contact:
collectif1971@scarlet.be, tél: 02-215 35 76 (F)
kib@skynet.be, tél: 02-230 89 30 (N)
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Lundi 22 octobre 2007

21102006-Manifestation-turque-a-Bastille.jpgSous le titre « Comment je me suis fait lyncher par les Loups Gris devant l'ambassade américaine », le journaliste Belge d’origine turque, Mehmet Koksal témoigne, de la démonstration de violence dont ont fait preuve les jeunes manifestants nationalistes Turc proche du mouvement des « loups gris ».


Dimanche (21/10/07), je reçois un appel vers 22h41 m'informant qu'une "manifestation des loups gris [militants d'extrême droite turque] vient de commencer dans les quartiers turcs de Saint-Josse et Schaerbeek. Le cortège des voitures se dirige vers l'ambassade des Etats-Unis". Le long de mon trajet vers le Boulevard du Régent, je remarque qu'il s'agit effectivement d'une grosse manifestation. Les voitures avec des jeunes turcs défilent, drapeau et symbole de l'extrême droite turque en main, en direction de l'ambassade des Etats-Unis en criant des slogans à la mémoire des "soldats martyrs" [sehitler en turc] tombés récemment dans la lutte armée turco-kurde à l'est de la Turquie.
 

Arrivé sur le place, environ 200 personnes manifestent violemment devant la grille de la représentation américaine à Bruxelles. Des slogans hostiles, des insultes, beaucoup de drapeaux turcs et du MHP (Parti d'Action Nationaliste), je note rapidement dans mon carnet que la plupart des meneurs ont le visage couvert à l'aide des drapeaux un peu comme des hooligans lors d'un match de foot. Grimpant l'un sur l'autre, l'un des jeunes arrive finalement à décrocher le drapeau américain qui flottait derrière la grille de l'ambassade et c'est l'extase pour la foule qui quitte rapidement les abords immédiats du grillage. A 5 mètres, sur la route des tunnels bloqués, chacun tente d'arracher un morceau du symbole américain.

 

Perdu dans la foule, le conseiller communal schaerbeekois Halis Kökten (CDH) tente d'apaiser les choses mais sans succès. Déployés en grand nombre, les services de police essayent surtout d'encercler les manifestants en évitant soigneusement d'intervenir.

 

23h04, je suis paisiblement les jeunes loups gris qui s'excitent mutuellement pour mettre le feu au drapeau américain. Je filme un court extrait qui reflète assez bien l'engrenage nationaliste turc : "Yak!Yak!Yak!Yak!Yak!" (Brûle!Brûle!Brûle!Brûle!Brûle!) mais un jeune loup gris me reconnaît et commence à me crier dessus sur un ton menaçant : "Sendemi burdasin ?!" (Toi aussi es-tu là ?!).

 
 

Je range rapidement mon appareil et commence à m'éloigner mais le jeune veut absolument de faire lyncher par ses camarades. Il crie : "Hé ! Les gars ! C'est Mehmet Koksal, ce fils de pute de journaliste, ce traître à la patrie, notre ennemi ! Arrêtez ce connard, on va lui faire la peau !" Il répète plusieurs fois les mêmes phrases et je sens la tension monter. Puis, d'un coup, je vois 1, 10, 20, 30 personnes se diriger contre moi pour clairement me casser la gueule. D'autres jeunes tentent de les arrêter en expliquant que cela ne servira à rien mais ils sont rapidement dépassés. Je répète sans cesse que je n'ai rien fait et que je me contente de suivre calmement la manifestation mais impossible de placer un moment dans l'avalanche d'insultes qui pleut contre moi. On dirait que brûler le drapeau américain est devenu soudainement secondaire par rapport à la proie facile que je représente dans cette foule. Quelques jeunes me conseillent de partir en courant. Volontiers mais, d'après moi, je risque d'exciter encore plus la foule et à peine essayé, ma crainte devient réalité : un gars me bloque le passage et une vingtaine de personnes plonge sur moi en me rouant de coups de poings et de coups de pieds, essentiellement sur le visage. Je tombe par terre mais les coups continuent de pleuvoir jusqu'à ce qu'un autre jeune m'arrache et me pousse vers un véhicule de police. "Embarquez-le! Embarquez-le!", demande le jeune en criant à la policière qui refuse d'ouvrir la porte de son véhicule.

On continue la course vers la rue de la Loi, j'encaisse encore quelques coups à gauche et à droite puis c'est la délivrance. Un agent m'embarque et m'éloigne de la manifestation après avoir pris note de mon identité. Au final, je m'en sors bien avec quelques coups sur le visage, le dos et des griffes autour du cou. Heureusement qu'aucun de ces militants d'extrême droite n'avait sorti un couteau ou une arme à feu car... je n'aurai pas pu vous relater mon cassage de gueule devant l'ambassade des Etats-Unis.

http://allochtone.blogspot.com/2007/10/comment-je-me-suis-fait-lyncher-par-les.html#links

http://turquielibre.over-blog.com/article-13269358.html


sur la photo: une manifestation similaire à Paris en 2006




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